Les émissions de carbone nettes importées représentent 60 % (271 Mt eq. CO2) des émissions nationales en 2015 (445 Mt équivalent CO2). Elles s’y ajoutent pour donner la véritable empreinte carbone nationale 731 Mt eq.CO2.
La France s’est donné comme objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 dans le plan climat de juillet 2017. Cette neutralité sera difficile à atteindre pour les émissions de carbone sur le territoire national. Mais ces émissions ne sont qu’une petite partie des émissions globales.
En effet, l’empreinte carbone des Français a augmenté de 20 % entre 1995 et 2015. Depuis 1995, les émissions liées aux importations ont doublé quand celles liées à la production intérieure (hors exportations) ont diminué d’un cinquième. Le poids des émissions de GES liées aux importations est croissant. Les émissions des importations sont devenues plus élevées que les émissions domestiques (hors exportations) depuis 2010.
Presque le double pour l’empreinte totale
Or, toutes les quantités d’énergies consommées par les Français ne sont pas explicitement prises en compte dans les objectifs nationaux chiffrés. En 2015, rappelle le rapport du Haut Conseil pour le Climat, l’empreinte carbone réelle de chaque Français était estimée à 11 tonnes de CO2-équivalent par personne et par an, lorsque la consommation finale totale (importations comprises) sur le territoire est prise en compte. C’est bien plus, presque le double, que les émissions de 6,6 tonnes équivalent CO2 par personne et par an lorsque seules les émissions produites sur le territoire sont comptabilisées.
Pour avoir une idée complète des émissions de chaque Français, il faut donc ajouter les émissions des transports internationaux maritime et aérien et les émissions attachées aux produits consommés en France, mais produits dans un autre pays.
Transport internationaux
Les émissions des transports internationaux ne sont pas prises en compte dans les émissions rapportées à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), ni dans les budgets carbones des stratégies nationales bas carbone (SNBC). Ces émissions couvrent le transport aérien (76 %) et le transport maritime (24 %) non domestiques. Les émissions de carbone des transports internationaux ajoutent 23 Mt eq.CO2 aux émissions nationales en 2017, d’environ 445 millions de tonnes (+5 %).
Il faut, souligne le Haut Conseil pour le Climat, attacher les émissions liées aux transports aériens et maritimes internationaux dans l’objectif de neutralité carbone de la France, pour plusieurs raisons. Ces émissions sont la responsabilité de la France, et les inclure dans l’objectif national inciterait la France à faire des efforts supplémentaires pour mettre en place des mécanismes internationaux alignés avec la neutralité carbone.
Au total, les émissions nettes importées représentent 60 % des émissions nationales en 2015 (271 Mt eq. CO2) et s’ajoutent à elles pour former l’empreinte carbone totale (731 Mt eq. CO2). Ces émissions traduisent l’impact du mode de vie en France. Elles sont associées aux produits et services consommés en France qui proviennent de l’étranger, et pour lesquels les émissions sont comptabilisées ailleurs, moins celles associées aux produits et services produits en France qui sont consommés à l’étranger.